Blog compilant quelques photos des animaux sauvages qui m'ont été donnés d'observer, principalement le cerf, de la période des mues à celle mythique du brâme.

01 Septembre 2012 :
Ca y est, les 1ers raires se sont fait entendre. Principalement dans le Nord, et dans quelques forêts du Sud de la France. Mais l'impatience des photographes vient se heurter à la timidité des protagonistes. Les cerfs en ce début de brâme sont peu mobiles, ils se font entendre entre le coucher de soleil et le lever ... rarement en journée !
Ils cherchent la meilleure place, celle qui verra le plus grand passage de biches, mais après il faudra les retenir, et seule la force leur permettra de le faire !
EN ces temps secs, les points d'eau ont plutot la cote, et nous devrions voir de jolis combats pour remporter ces places de brâme au combien convoitées !
Pour le moment, les chèvres sont encore tolérées sur ces places, elles semblent étonnées par ce bruit étrange d'arbres frottés à la lisière ... sans pour autant voir le responsable qui souhaite, pour quelque temps encore, garder l'anonymat ...

Les faons sont encore tachetés et semblent bien abasourdis par ce son si étrange et si violent ...

Un retardataire semble un peu plus en jambes que ses concurrents : trophée moyen asymétrique ... compensé par une très grosse voix !

08 Septembre : CHAUD !
Même si de récentes études (effectuées sur l'Ile de Rùm, en Ecosse) ont montré qu'en 30 ans, le brâme (donc les naissances) s'est décalé de 15 jours en moyenne plus tôt, il faut bien avouer que cette année, il a du mal a débuter. La faute a une météo sèche (30 à 32°c), un manque de pluie depuis plusieurs semaines, un vent pour finir d'achever les derniers marais les plus coriaces ... et des cerfs et biches en moins grand nombre ...
Les cerfs brament donc peu. Pourquoi ? Pas parce que les biches ne sont pas en chaleur, mais parce que les odeurs des biches sont beaucoup moins facilement perceptibles par le cerf. Tout bon veneur vous expliquera facilement que la voie est bien moins bonne à des températures aussi extrêmes !
Résultat : Les cerfs ne brament que lorsque les phéromones et autres effluves se font sentir, c'est à dire entre 20h30 (encore 25°c!) et 7h30 (déjà 16°c!) ... et quand ils sont également tranquilles ! ...
Pas facile pour les photos donc.
A quand les infra rouges et autres 50 000 ISO ?
On sait qu'ils sont là, c'est déjà ça !!

15 Septembre :
Il fait toujours aussi chaud. Un léger vent est venu s'ajouter aux 30 degrés pour assecher encore davantage les souilles et rivières récalcitrantes ...
Les cerfs les plus courageux brâment ... à l'ombre.
Pour quelques buissons de trop :
17 Septembre :
Après de nombreux affuts dans mon arbre, et par un coup de chance, un grand 12 cors à la chevillure cassée traverse au grand galop la Place de Brame de mon cerf "cible"... Il n'en faut pas moins pour que VICTOR (en l'honneur d'un vieil et lointain ami ...) sorte de sa timidité habituelle et de sa remise pour venir voir cet intrus un peu trop sans gêne ...

L'arrivée de VICTOR :
C'est alors que débute une bien jolie séquence :
Victor guette que ce rival ne revienne pas
s'en assure ...
puis se rassure ...

Un bien joli 13 cors avec surandouillers et empaumure de 3 puis de 4. Une jolie ramure avec des merrains un peu fins mais assez noirs. On peut surtout remarquer une très jolie bête d'un point de vue morphologique : très joli poil, une bête bien grasse qui ne manque pas de nourriture !

Un vacarme qui donne des idées à quelques jeunes ado : Voici fougueux et ses fougères comme trophée ... faute de mieux !

18 septembre :
Quelques autres visions furtives. Les cerfs bougent peu de leur enceinte. Il y a peu de biche.
Quelques imprudents se laisse heureusement surprendre a l'heure ou la température est déjà bien haute et l'atmoshpère bien lourde

On annonce hélas 2 bracelets et l'arrivée d'un guide de chasse pour cette semaine. 2 de ces jolis spécimen ne verront donc sans doute pas la fin Septembre. J'espere que ceux ci sauront se montrer discrets ...
affaire à suivre
22 Septembre :
A cause d'un petit problème technique, je ne peux mettre mes photos que maintenant.
En résumé, beaucoup de vent, une forêt encore très sèche, des chasseurs peu scrupuleux, bref, un brâme encore timide (sauf la nuit!)
Grâce à mon affut magique, des cerfs passent tout près alors qu'il fait encore sombre, certains s'arrêtent quand il fait déjà jour :
Dommage qu'il ne porte pas un peu plus car la scène était magique ...

Cette "3e tête", après s'être assuré que le maitre de place était remisé, joue les gros bras. Il agite les fougères, semble vouloir brâmer, souffle... Je diminue ma longueur focale, car il se rapproche, j'entends ses dents se frotter les unes aux autres, les branches qui craquent, un pas lourd malgré son jeune âge, puis il gratte le sol, et s'allonge à quelques mètres de moi .
Belle attitude du cerf qui essaie de capter les effluves des femelles ... tout en restant à l'abri du vent qui le ferait repérer du maitre de place

Petite visite d'un brocard curieux :

Petit passage de Bolt, toujours aussi pressé ...

6 Octobre : Petite mise à jour
Il faut encore CHAUD. Je crois sincèrement ne jamais avoir vécu de saison de brâme aussi chaude sur une aussi longue période.
La forêt est encore sèche et cela m'oblige a marcher peu.
Heureusement cela me permet de croiser la route de quelques jolis cerfs comme ce 12 cors de belle allure qui sort de sa sieste pour gagner la place et rejoindre ses biches.




Bonne soirée !
7 Octobre : Quelle flotte !
Quelques raires de bon matin mais pas toujours de grands dominants. C'est le cas de cette jeune tête bizarde qui vient se faire tirer le portrait à quelques mètres de moi. Sans doute un choc sous velours explique ce merrain droit complkètement tordu et tombant sur les tempes de l'animal.
Photo aux teintes ternes résultant des gouttes sur mon objectif !

Et en plus ca brâme !


Celui là ne brâme pas, quand même !

Jeune 10 cors humant l'air pour identifier cette forme étrange ...
7 Octobre : LE MEILLEUR POUR LA FIN
Après plusieurs approches infructueuses, un temps à rester bien au chaud et des cerfs particulièrement discrets, je suis enfin récompensé de mon opiniatreté par cet animal exceptionnel qui vient vers moi, à pas de velours, se présente, s'offre, se cabre, puis disparait , me laissant là, bouche bée, n'osant y croire et regardant dans mon Reflex pour vérifier que je n'avais pas rêvé ...
Le cerf, je peux dire LE cerf, a selon moi , tout ce qu'un cerf peut avoir : régularité, andouillers développés, surandouillers, forme arrondie, symétrique, merrains noirs et pointes blanches, belle allure. En un mot, un grand cerf comme on n'en voit plus que rarement.
Voici : MOHICAN.


13 Octobre : WE pluvieux , WE Heureux ...
Sortie difficile, pas mal de puie, une température toujours trop élevée, et peu de brâme. Ce n'est qu'au retour à la voiture qu'un jeune 10 cors me fait le plaisir de se montrer en pleine lumière.

Assez déçu par un combat avorté de deux 12 cors a moins de 30 metres de moi par ma faute. Ils s'en vont se battre plus loin.
Mais je reste plein d'espoir pour ma sortie du soir ... La pluie décourage les hommes les plus tenaces .... et laisse tranquilles les cerfs brâmer !![]()
Et en effet, après quelques approches infructueuses, j'aperçois un cerf, torp loin pour la photo mais pas pour le jugement : L'Aviateur ! Quel plaisir de revoir un cerf que je connais depuis plus de 3 ans maintenant ! Malheureusement, ce cerf est devenu bien malin et ne se laisse pas approcher facilement. Mais revoir un cerf connu, c'est comme revoir un vieux copain, et j'aime à m'imaginer sa vie pendant cette année, les chasses auxquelles il a échappé, les mues qu'il a laissées, les refaits dans les colzas ... et le voilà là, toujorus au même endroit, a courrir après les mêmes biches, infatiguable.
Puis un bruit attire mon attentention dans la forêt alors qu'il fait déjà bien sombre pour la photo. Je leve mon appareil et travaille a 6400 ISO, pas pour une belle photo bien sûr, mais pour une identification :2 grands merrains, 2 VRAIES empaumures que je devine fournies, pas de surandouillers, voilà ce que je peux dire, mais déjà, mon envie se fait pressante pour le lendemain matin ...
14 Octobre :
C'est ainsi qu'après avoir longuement étudié le vent de ce matin, je décide d'approcher par l'Est, je longe une parcelle, rampe, m'arrête, écoute. Un cerf brâme en face de moi, dans les bois, encore invisible. Il pourrait s'agir, d'après mon étude d'hier quant à sa place de brâme, sa voix, ses biches, du grand cerf aux si belles empaumures !
Après 2 heures d'attente au pied d'un arbre et une belle rencontre avec une harde qui me sort à moins de 10 mètres avec un petit 10 cors à sa queue mais qui reste dans le bois, je perds patience et décide, une fois la harde passée, d'avancer à pas feutrés dans le sous bois, le cerf ne sortant pas. Mais alors que j'approche des biches, un cerf se montre au bout du chemin, dans le clair.
Il porte bien ses 12 cors et montre un corps massif. je ne savais pas encore que ce cerf allait m'apporter le réponse à toute ma reflexion et l'objet de ma convoitise ...
En effet, s'aventurant dans le clair, un cri surgit à côté, de fureur, puis un raire puissant. Le maitre de place, furieux, arrive en courant, je ne fais que le deviner mais la taille de ses empaumures ne laisse pas de doute. IL arrive !
La suite n'est qu'une scène aussi furtive que merveilleuse, du maitre de place qui vient chercher ses biches pour les conduire à l'abri de ses rivaux. Arrive sa ramure fournie, imposante , comme flottant dans l'air :
Voici HERCULE

Il lance un raire rageur à destination de ses concurrents, balancant son imposante ramure en arrière comme pour défier le ciel.
En l'analysant, nous pouvons voir l'empaumure de droite portant 6 , voire 7 épois (??!), une très belle chevillure, et un avorton de surandouiller.
L'autre merrain est plus développé au niveau de l'empaumure doublée d'une très belle trochure fourchue. Il porte 7 cors sans compter le surandouiller.
Ce cerf a assez de majesté et d'andouiller pour être jugé grand 16 cors.
Le maitre rassemble ses biches et se fait pressant pour les ramener au bercail

Un dernier coup d'oeil et s'évanouit dans la forêt, laissant la clairière vide comme si rien ne s'était passé ...

Combien de cerfs comme celui là restent ils en Forêt ?
Cela nous rassure et nous inquiète aussi. Encore combien de temps ? Saura t il être aussi malin que l'aviateur ou aussi malchanceux que nos regrettés Pape, Pacha, Napoléon, Chatelain (retrouvé mort récemment), courreur (??) et tant d'autres ...
HERCULE l'année d'après. Son dernier brâme ...
https://www.youtube.com/watch?v=cE0NOnTBa0Y
Au loin, un protagoniste de la scène, hume l'air comme pour garder encore un instant les effluves de ses femelles inaccessibles qui ne peut admirer que de loin ... Hercule veille, cruel et dominant !

